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Le défi de l’absentéisme

Entre 2010 et 2016, l’absentéisme pour cause de maladie a progressé de 6 % dans le privé. 34,1 % des salariés ont été absents au moins une fois en 2016. Quant à la durée d’arrêt maladie, elle s’allonge en passant en moyenne à 35,5 jours.

Tel est le constat préoccupant révélé par notre étude annuelle sur l’absentéisme, menée sur la base des Déclarations Annuelles des Données Sociales (DADS) des entreprises clientes mais aussi d’enquêtes faites auprès de salariés, de dirigeants et de médecins généralistes.

Allongement de la vie professionnelle, nouvelles organisations du travail, troubles musculosquelettiques, risques psychosociaux ou encore difficulté à concilier la vie professionnelle et la vie personnelle sont autant de facteurs à risque qui expliquent la hausse de l’absentéisme. Mais notre étude montre surtout comment ce phénomène touche de façon inégale selon l’âge, le sexe, les catégories socioprofessionnelles, les secteurs et le type d’entreprise.

Ainsi, les premiers concernés sont les femmes (37,5 % contre 30,4 % chez les hommes) et les salariés âgés entre 30 et 39 ans, autrement dit une catégorie de population qui doit faire le grand écart entre responsabilités familiales (jeunes enfants) et désir d’évolution de carrière. L'absentéisme est également très variable selon les secteurs d’activité. Particulièrement exposée aux accidents de travail avec 38,9 % de salariés arrêtés en 2016, l’industrie arrive en tête du peloton. Enfin concernant la taille de l’entreprise, ce sont dans les plus grandes que les arrêts maladie sont fréquents : 36 % de salariés arrêtés dans les entreprises de plus de 1 000 salariés contre 28,5 % dans les TPE de moins de 10 salariés. En revanche, de nombreux salariés (19 %) ont déjà renoncé à un arrêt maladie pourtant prescrit par leurs médecins traitants.

Les dirigeants ont quant à eux pris conscience du coût de l’absentéisme, qui pèse sur les performances de l’entreprise. Ils sont 98 % à estimer que l’absentéisme n’est pas une fatalité. Riche de ce constat, que faire ? Quelles solutions adopter pour faire baisser l’absentéisme ? Horaires plus souples, soutiens financiers ou encore programmes de coaching santé sont autant de plans d’actions possibles à mettre en place.